Notes de lectures

Rédigé par Nestor Aucun commentaire
Si la prise de conscience écologique est relativement récente, elle naquit au XIXeme siècle aux États-Unis selon Sven Ortoli, rédacteur en chef du numéro spécial de l'excellente revue "Philosophie magazine" intitulé "Philosophie du réchauffement climatique", la préoccupation pour les conséquences de l'activité humaine sur la Terre sont bien plus anciennes.

Ainsi, par exemple, dès 1820 Jean-Baptiste Lamarck pouvait écrire :

L'homme, par son égoïsme trop peu clairvoyant pour ses propres intérêts, par son penchant à jouir de tout ce qui est à sa disposition, en un mot par son inconscience envers l'avenir et ses semblables, semble travailler à l'anéantissement de ses moyens de conservation et à la destruction même de sa propre espèce.

Ou ceci de Pierre Teilhiard de Chardin en 1931 :

Le Monde en croissant est-il condamné à mourir  automatiquement, étouffé sous l'excès de son propre poids? [...] L'âge des nations est passé. Il s'agit maintenant pour nous, si nous ne voulons pas périr, de secouer les anciens préjugés, de construire la Terre.

Ou encore d' Élisée Reclus, le grand géographe et savant libertaire, en 1905 : 

La Terre devrait être soignée comme un grand corps, dont la respiration accomplie par les forêts se règlerait conformémednt à uen méthode scientifique ; elle a ses poumons que les hommes devraient respecter puisque leur propre hygiène en dépend.

Propos largement ignorés, ce qui nous a conduit à la situation actuelle caractérisée par Claude Lévi-Strauss en ces termes dans un entretien télévisé :

Ce que je constate, ce sont les ravages actuels ; c'est la disparition effrayante des espèces vivantes, qu'elles soient végétales ou animales ; et le fait que du fait même de sa densité actuelle, l'espèce humaine vit sous une sorte de régime d'empoisonnement interne.

Ce que confirment les chiffres suivants publiés par Le Monde du 11 septembre 2020 :

Les populations de vertébrés ont chuté de 68 % entre 1970 et 2016, et, poursuit le quotidien, notre système de production alimentaire est l'un des premiers facteurs de changement d'affectation des terres. Ce système est à l'origine de 80 % de la déforestation, de 30 % des émissions de gaz à effet de serre, de 50 % des pertes de biodiversité en eau douce.

Et pendant ce temps-là :

Les 25 milliardaires les plus riches du monde ont vu leur patrimoine augmenter de 255 milliards de dollars entre la mi-mars et la fin mai (en pleine crise) !

Alors ?

A Souillac comme ailleurs, plutôt que de rêver à des projets mirobolants, luxueux, absurdes et destructeurs de la Terre ne serait-il pas plus pertinent et intelligent de rendre toutes les terres disponibles à leur vocation première : nourrir sans pervertir ?

 

 

 

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