Notes de lectures

Rédigé par Nestor Aucun commentaire
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Rien de plus jubilatoire, par les temps qui courent que de s'enfouir dans des lectures éclairantes.  D'où ces quelques notes de lectures qui aident à supporter le confinement. 

Bruno Latour d'abord et son "Où suis-je" qui, a, à juste titre, fait grand bruit : sous-titré "Leçons du confinement à l'usage des terrestres" (et non des terriens), il nous apprend beaucoup : ce que c'est que la terre (minuscule) et Terre (majuscule sans article) c'est-à-dire Gaïa, que nous sommes tous concernés par les limites de la notion de limite. Que grâce au confinement on respire enfin. Et il conclut sur cette énigmatique dernière phrase : Sous la voûte du ciel, redevenue pesante, d'autres humains mêmés à d'autres matières forment d'autres peuples avec d'autres vivants. Ils s'émiancipent enfin. Ils se déconfinent. Ils se métamorphosent.

Puis Anselm Jappe, universitaire, prof de philo qui, né à Bonn, vit près de chez nous en Dordogne. Il est le spécialiste de Guy Debord dont on a lu dans notre jeunesse "La société du spectacle" qui fit une irruption tonitruante dans le champ de la théorie sociale, qui créa "Linternationale situationiste" dont on sait le rôle qu'elle joua dans le déclenchement de Mai 68. Anselm Jappe nous raconte tout cela dans son livre intitulé simplement "Guy Debord" qui vient d'être publié à "La Découverte-poche".

Le même auteur vient de republier également à "La Découverte"  "La société autophage" sous titré "Capitalisme, démesure et autodestruction". A partir du mythe d'Erysichthon, ce roi affamé, tellement avide qu'il finit par se dévorer lui-même, Anselm Jappe nous instruit de la théorie de la valeur (Marx) dont il est un des spécialistes, du fétichisme et du narcissime : Le sujet fétichiste-narcissique ne tolère aucune frustation et conçoit le monde comme un moyen sans fin voué à l'illimitation et à la démesure. Ce qui débouche selon Jappe sur ce qu'il appelle "la pulsion de mort du capitalisme".

Et puis, tout de même, le 18 mars était l'anniversaire du début de la Commune de Paris, ce moment où des femmes et des hommes défendirent leurs canon a Montmartre, parmi ces "communeux" il y avait Louise Michel bien sûr. C'est l'occasion de lire ou relire ses mémoires republiées par Gallimard (Folio histoire). J'ai beaucoup aimé la description si poétique qu'elle fait de son lieu de naissance, la vieille ruine du Château de Vroncourt en Haute-Marne. Car, institutrice et inlassable rebelle, elle était aussi une écrivaine remarquable.

Sur la Commune encore : "Le banquet des affamés" de didier Daeninckx : A partir de la vie de Maxime Lisbonne, héros des barricades de la Commune et homme de théatre il nous offre un véritable roman d'aventures.

Pour terminer, tout autre chose, quoique... : La "tyranie du mérite" de Michael J. Sandel, renommé prof de philo à Harvard qui met en pièces la méritocratie brandie en toute occasion par des gouvernants et des aspirants à le devenir au nom de ce qu'ils appellent la République (voir la caricature Blanquer) alors  que, démontre Sandel en quelques 500 pages  extrêmement denses, la méritocratie exacerbe toujours plus les inégalités sociales jusqu'à en devenir une tyranie des temps que nous vivons.

Bonnes lectures...

N. 

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